L’organisation communautaire est une forme d’organisation dont les mouvements socialistes du monde entier débattent depuis longtemps et qu’ils ont, dans certains cas, tenté de mettre en pratique. Abdullah Öcalan définit la commune comme une forme d’organisation qui existe entièrement en dehors de la structure de l’État, n’a aucun lien avec celui-ci, et dans laquelle la société organise chaque aspect de sa propre vie sans avoir besoin de l’État.
L’un des exemples les plus réussis — bien qu’éphémère — d’organisation communautaire de l’histoire moderne s’est produit aux États-Unis dans les années 1960.
L’histoire du Black Panther Party for Self-Defense (Parti des Panthères noires pour l’autodéfense), qui a vu le jour aux États-Unis à une époque où la population noire s’organisait et intensifiait sa lutte contre le racisme et l’oppression, montre comment une forme d’organisation communautaire a pu rapidement connaître un succès à tous les égards — et comment elle s’est finalement effondrée parce que ses lacunes n’ont pas été surmontées. Tout en se décrivant comme une organisation luttant pour la liberté du peuple noir, elle définissait son idéologie par la déclaration suivante :
« L’idéologie du Black Panther Party consiste à adapter l’expérience historique du peuple noir au marxisme-léninisme. »
Bien que le Black Panther Party se définisse comme marxiste-léniniste, il a adapté le socialisme à la lutte et aux conditions historiques du peuple noir. En un sens, il cherchait à créer sa propre forme de socialisme noir.
Les premières années
Le Black Panther Party a vu le jour dans les années 1960, une période marquée par la recrudescence des agressions contre les Noirs aux États-Unis, où la violence policière et la torture étaient devenues monnaie courante dans les rues, et où des organisations paramilitaires telles que le Ku Klux Klan gagnaient en puissance.
Contrairement à d’autres organisations engagées dans la lutte pour la libération des Noirs — qui ne défendaient que les Noirs tout en présentant tous les Blancs comme des ennemis —, les Black Panthers soutenaient qu’il était possible de former des alliances avec d’autres peuples opposés au racisme.
La principale différence entre cette organisation et les autres mouvements noirs résidait dans le fait qu’elle rejetait le nationalisme bourgeois noir et privilégiait plutôt la participation des Noirs à la vie culturelle et politique.
En 1960, à la suite de la lutte des Afro-Américains, une législation sur les droits civiques avait été adoptée aux États-Unis. Cependant, ces réformes juridiques n’ont pas réussi à mettre fin aux agressions contre les Noirs. Au cours de cette période, ces agressions ont conduit à d’importants soulèvements dans de nombreux États et à une recrudescence de la violence policière.
À la suite de l’assassinat de Malcolm X, et animés notamment par la conviction qu’une organisation d’autodéfense était nécessaire, Huey P. Newton et Bobby Seale fondèrent leBlack Panther Party for Self-Defense le 15 octobre 1966. L’organisation raccourcit par la suite son nom pour devenir le Black Panther Party.
L’organisation s’inspirait fondamentalement de la stratégie d’intégration et d’autodéfense de Malcolm X. Parallèlement, la lutte des Noirs prenait de plus en plus une orientation socialiste. L’un des dirigeants de l’organisation, Huey P. Newton, a expliqué la signification du nom du parti dans un discours :
« Si nous avons choisi la panthère, c’est parce que les panthères ne sont jamais les agresseurs. Comme chacun sait, lorsqu’une panthère est attaquée, elle adopte d’abord une position défensive et bat en retraite ; mais si l’attaque se poursuit, elle riposte si nécessaire. »
Pour décrire sa création, l’organisation a publié une déclaration, connue sous le nom de « Programme en dix points », expliquant à la fois sa philosophie organisationnelle et les raisons de sa création :
- Liberté : le droit des Noirs et des autres communautés opprimées à l’autodétermination.
- Emploi : un emploi et un revenu garanti pour tout le monde.
- Fin de l’exploitation : L’exploitation des Noirs doit cesser. Les promesses faites aux anciens esclaves pendant la Reconstruction, après l’abolition de l’esclavage, doivent enfin être tenues.
- Droit au logement : Des coopératives doivent être créées pour répondre aux besoins en matière de logement.
- Droit aux soins de santé : des soins de santé gratuits doivent être fournis.
- Fin de la violence : La violence et les meurtres visant les personnes noires et les autres populations de couleur opprimées doivent cesser.
- Politiques du gouvernement fédéral : Il faut mettre fin aux politiques du gouvernement fédéral américain qui sont à l’origine de ces attaques.
- Éducation pour le peuple : L’histoire des Noirs et le rôle des Noirs dans la société doivent être enseignés.
- Libération des prisonniers politiques : les procès doivent refléter la volonté du peuple.
- Contrôle communautaire : la terre, l’alimentation, le logement, l’éducation, la justice, la paix et l’industrie doivent être sous le contrôle de notre communauté.
La stratégie d’autodéfense
Le facteur le plus important à l’origine de la croissance rapide du Black Panther Party au sein des communautés noires était le fait qu’il avait été fondé en tant qu’organisation d’autodéfense.
Inspiré par le principe de Malcolm X — « Répondez aux attaques dont vous êtes victimes, mais ne devenez jamais l’agresseur » —, le parti a d’abord armé ses membres et mis en place des patrouilles d’autodéfense dans les quartiers noirs.
Ces patrouilles surveillaient les rues. Chaque fois que des policiers arrêtaient quelqu’un, leurs membres se tenaient à une distance légalement autorisée, portant ouvertement leurs armes à feu, tout en observant si la police recourait à la violence contre des citoyens noirs.
Diplômé en droit, Huey P. Newton possédait une connaissance approfondie de la loi. Il forma les patrouilles d’autodéfense à opérer strictement dans les limites légales et veillait à ce qu’elles agissent en conséquence.
Les unités d’autodéfense du Black Panther Party n’ont jamais déclenché de confrontations armées ni d’attaques tant qu’elles-mêmes ou la population noire n’étaient pas attaquées. Au contraire, en patrouillant dans les rues et en portant ouvertement leurs armes, elles cherchaient à dissuader tout acte de violence potentiel.
À cette époque, plusieurs États américains autorisaient le port d’armes à feu en public, et bon nombre d’entre eux comptaient une importante population noire. Les Black Panthers agissaient en conformité avec ces lois, utilisant les failles juridiques pour organiser leurs unités d’autodéfense.
Après la mise en place de ces patrouilles et leur succès dans la prévention de nombreuses attaques, le soutien aux Black Panthers parmi la jeunesse noire a rapidement augmenté.
Fondée en octobre 1966, l’organisation comptait déjà plusieurs milliers de membres avant 1970 et était devenue une organisation exerçant une influence sociale significative dans les communautés où elle opérait.
Organisation communautaire et alternative au pouvoir de l’État
Les activités les plus remarquables du Black Panther Party ne furent pas ses actions armées, mais les mesures qu’il prit pour permettre aux Noirs de prendre en main leur propre vie. Parmi ces initiatives, les Black Panther Liberation Schools comptent parmi les plus notables. Ces écoles ont été créées pour proposer un modèle éducatif alternatif au programme scolaire d’inspiration coloniale et au système d’enseignement public inadéquat du gouvernement fédéral américain. Plutôt que de reposer sur une autorité centralisée ou le pouvoir d’État, ces écoles ont adopté un programme éducatif façonné de A à Z par les besoins et les demandes de la communauté.
Le programme mettait l’accent sur l’histoire des Noirs, l’alphabétisation et le développement de la conscience politique. Ainsi, ces écoles cherchaient à éviter que les enfants ne soient cantonnés à un système de mémorisation par cœur. Des centaines d’enfants noirs ont suivi leur scolarité dans ces écoles de la libération.
Les Liberation Schools ont vu le jour grâce à une initiative de solidarité destinée aux enfants issus de familles noires vivant dans une extrême pauvreté. Dans le cadre du programme « Petit-déjeuner gratuit pour les enfants », les Black Panthers ont commencé à offrir chaque matin un petit-déjeuner gratuit à des centaines d’enfants avant leur entrée à l’école. Ce programme est devenu l’une des initiatives les plus connues et les plus influentes du Black Panther Party. En 1970, il s’était développé au point qu’environ 20 000 enfants bénéficiaient d’un petit-déjeuner gratuit chaque mois.
Une autre initiative majeure du Parti fut la création de cliniques médicales gratuites. Ces cliniques étaient destinées en premier lieu aux communautés noires qui se heurtaient à des obstacles pour accéder aux soins de santé et se voyaient refuser un traitement équitable et adéquat en raison de pratiques racistes au sein des hôpitaux. Animées par des médecins et des infirmières bénévoles, les cliniques médicales gratuites fournissaient des soins de santé sans frais à la communauté.
En outre, le Parti a mis en place avec succès de nombreux programmes de soutien communautaire visant à améliorer la vie quotidienne. Il s’agissait notamment de collectes régulières de vêtements, d’aide à la scolarisation pour les jeunes se préparant à entrer à l’école, de centres de réinsertion pour les personnes souffrant de toxicomanie, de transports gratuits pour les familles dont les enfants étaient incarcérés dans des prisons éloignées, et de services d’ambulance pour les urgences.
La décision du Parti de donner la priorité à ces programmes sociaux a joué un rôle majeur dans le soutien croissant dont il bénéficiait au sein des communautés noires.
Un autre aspect important du travail du Parti était la publication régulière du journal The Black Panther. Ce journal relayait l’idéologie du Parti, ses déclarations officielles et ses directives organisationnelles. Peu après son lancement, son tirage atteignit 250 000 exemplaires. La distribution était assurée directement par les membres du Parti dans les rues.
L’une des pratiques les plus marquantes des Black Panthers fut l’adoption de la coiffure naturelle désormais largement connue sous le nom d’« afro » comme symbole politique.
Plutôt que de chercher à ressembler au colonisateur, les Black Panthers ont cherché à développer un mode de vie ancré dans leur propre identité et leur propre culture. En matière d’habillement également, ils ont rejeté l’apparence « moderne » imposée par les normes coloniales et ont choisi s’habiller selon leurs propres préférences.
Ce rejet des normes de beauté coloniales européennes et américaines — et de leur imposition à d’autres peuples — est devenu l’un des symboles caractéristiques du Parti.
À une époque où les Afro-Américain·es subissaient des pressions pour se lisser les cheveux afin d’être acceptés par la société américaine, les Black Panthers ont répondu par le slogan :
« Black Is Beautiful ».
En arborant fièrement leurs cheveux naturels, ils et elles rejetaient ces normes de beauté racistes.
Une autre caractéristique très reconnaissable des Black Panthers était leur uniforme. La coiffure afro, la veste en cuir noir et le béret noir sont devenus les symboles les plus distinctifs du Parti et en ont fait l’une des organisations socialistes les plus reconnaissables de son époque. Encore aujourd‘hui, la veste en cuir noir et le béret noir restent aujourd’hui encore des symboles durables de la lutte pour la liberté des Noirs.
Le fait que les femmes et les hommes portaient le même uniforme reflétait l’engagement théorique du parti en faveur de l’égalité des sexes. Les femmes portaient également des armes, participaient directement à la lutte et étaient considérées comme ayant droit à une participation et à une voix égales à celles des hommes.
Les femmes au sein du Black Panther Party et l’émergence du féminisme anticolonial
Bien que les Black Panthers aient mis en place d’importants exemples concrets d’organisation communautaire, l’une des plus grandes faiblesses qui a par la suite contribué au déclin du Parti s’est manifestée dès ses premières années.
Peu après sa fondation, plus de 60 % des membres du Parti étaient des femmes. Pourtant, dès le début, les femmes n’ont pas pu établir de relations pleinement égales, basées sur la camaraderie, avec les membres masculins.
Malgré cette contradiction, l’une des caractéristiques marquantes du Parti était son engagement théorique en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Au sein de l’organisation, les femmes étaient appelées « sœurs » et étaient, en théorie, reconnues comme jouissant des mêmes droits que les hommes. Cependant, cet engagement théorique n’a jamais été pleinement mis en œuvre dans la pratique.
Le premier tournant majeur pour les femmes au sein du Parti s’est produit en 1966. Le premier numéro du journal The Black Panther présentait l’organisation comme « le parti des hommes noirs éminents ». Cependant, à la suite de la lutte persistante des femmes contre le sexisme au sein du Parti et de leur insistance à obtenir l’égalité, le Parti a publié en 1969 une déclaration qualifiant le sexisme et les attitudes sexistes de contre-révolutionnaires.
Cela a marqué la première grande victoire des femmes au sein de l’organisation. À partir de ce moment-là, le travail des femmes au sein du Parti a également commencé à bénéficier d’une plus grande reconnaissance.
L’un des résultats les plus significatifs de la lutte des femmes pour participer pleinement à la vie politique fut la mise en place de structures d’accueil pour les enfants et de programmes éducatifs. De nombreuses militantes du Parti, mères de famille, ont réclamé des structures d’accueil pour les enfants, ce qui a conduit à la mise en place de programmes permettant d’élever les enfants collectivement tout en permettant aux femmes de participer plus activement au travail organisationnel.
Au fil du temps, alors que de nombreux membres masculins se retiraient de la lutte, les postes de direction ont été de plus en plus occupés par des femmes. Malgré ces évolutions, des cas de harcèlement sexuel et des attitudes sexistes ont continué d’exister au sein de nombreuses structures du Parti.
La lutte des femmes au sein du Black Panther Party s’est étendue au-delà de l’organisation elle-même. Les femmes critiquaient ce qu’elles qualifiaient de « féminisme blanc », arguant qu’il manquait de perspective révolutionnaire. Tout en reconnaissant son opposition au sexisme, elles reprochaient au féminisme blanc de ne pas aborder de manière adéquate les questions de race et de classe. S’appuyant sur cette critique, elles devinrent les pionnières de ce qui allait plus tard être connu sous le nom de féminisme noir, un courant féministe anticolonial.
Les femmes membres du Black Panther Party soutenaient que le féminisme blanc restait confiné dans les limites de l’hégémonie blanche. Le féminisme noir, en revanche, affirmait que les femmes noires étaient opprimées non seulement parce qu’elles étaient des femmes, mais aussi en raison de leur race et de leur position de classe. C’est pourquoi elles prônaient une approche organisationnelle qui examinait conjointement le genre, la race et la classe sociale, comme des composantes à part entière des systèmes tant patriarcaux que coloniaux, et faisaient de la lutte contre ces formes de domination l’un de leurs objectifs centraux.
À cet égard, elles ont apporté une contribution importante à la définition des contours théoriques du féminisme anticolonial, dont les idées avaient déjà été débattues mais n’avaient pas encore été pleinement développées en une idéologie cohérente.
Ce courant idéologique, connu sous le nom de « féminisme noir », a intégré la lutte anticoloniale comme l’un des éléments essentiels de la politique féministe et a jeté les bases de la théorie féministe anticoloniale. Même après la dissolution du Black Panther Party, ses membres féminines ont continué à faire évoluer le débat sur le féminisme noir et ont apporté d’importantes contributions théoriques à ce domaine.
Les attaques contre les Black Panthers et la dissolution du Parti
Dès le jour de sa création, le Black Panthers Party a attiré l’attention du gouvernement fédéral américain. À mesure que son influence au sein des communautés noires grandissait, le gouvernement intensifiait sa répression à l’encontre de l’organisation.
Au cours de cette période, la répression s’est exercée moins par des agressions physiques directes que par l’infiltration du Parti par des agents du gouvernement. L’une des faiblesses qui a contribué au déclin relativement rapide du Parti était qu’il n’appliquait, dès sa création, aucun critère de sélection cohérent pour les nouveaux membres.
Connaissant une croissance rapide, le Parti acceptait pratiquement toute personne souhaitant y adhérer et ne soumettait pas les candidats à un processus officiel de vérification des antécédents. Cela a considérablement facilité l’infiltration de l’organisation par le FBI.
En 1967, le FBI lança le COINTELPRO, un programme visant ce qu’il qualifiait de « groupes nationalistes noirs » ainsi que d’autres mouvements d’opposition. Ce programme devint particulièrement tristement célèbre pour ses opérations menées contre le Black Panthers Party.
L’un des premiers événements majeurs de cette période fut l’arrestation du chef du Parti, Huey P. Newton, accusé d’avoir tué un policier. Newton resta emprisonné pendant trois ans avant d’être libéré, après qu’une cour d’appel eut annulé sa condamnation.
Malgré sa libération, les opérations du FBI contre les Black Panthers se sont poursuivies.
Le 6 avril 1968, Bobby Hutton, membre des Black Panthers, fut abattu par la police alors qu’il n’était pas armé. Il fut frappé par douze balles.
À mesure que les opérations gouvernementales s’intensifiaient, les figures de proue du parti, Eldridge Cleaver et Huey P. Newton, furent finalement contraints à l’exil.
L’un des coups les plus durs subis par les Black Panthers fut l’assassinat de Fred Hampton, qui occupait le poste de vice-président du parti depuis 1968.
Considéré comme extrêmement dangereux par le FBI, Hampton fut tué lors d’une descente de police à son domicile, quelques jours seulement avant qu’il ne doive commencer à purger une peine de prison. Les rapports officiels ont reconnu que les agents du FBI avaient tiré des centaines de coups de feu pendant la descente, tandis que les membres des Black Panthers n’avaient réussi à riposter qu’avec un seul tir.
Pendant l’incarcération de Newton, Hampton était devenu l’un des dirigeants les plus en vue du Parti, tant par ses discours que par son travail d’organisation. On se souvient de lui comme l’un des derniers grands dirigeants à avoir incarné l’orientation socialiste du Parti. En novembre 1969, il a prononcé un discours célèbre à l’université du nord de l’Illinois, dans lequel il appelait la foule à se battre et à résister au fascisme, malgré la répression à laquelle l’organisation était confrontée :
„Parce que nous l’avons dit avant et nous le redisons aujourd’hui. On peut emprisonner un révolutionnaire mais on ne peut pas emprisonner la révolution. On peut enfermer un combattant pour la liberté comme Huey P. Newton, mais on ne peut pas enfermer le combat pour la liberté. On peut payer des porcs de nationalist blacks comme Mamalama pour assassiner Alprentice Carter Bunchy, un libérateur, mais on ne peut pas assassiner la libération. Ou alors on donne des réponses qui ne répondent à rien, des explications qui n’expliquent rien, des conclusions qui ne concluent rien.
Nous disons que si vous, vous osez lutter, alors vous oserez gagner. Si vous n’osez pas lutter, vous ne méritez pas de gagner. Nous n’irions pas affronter Mohamed Ali sur un ring sans nous battre, et puis nous demander pourquoi nous avons perdu, n’est-ce pas ? Si vous ne vous battez pas, alors vous ne méritez pas de gagner. Si vous ne bougez pas face à ces fascistes, alors vous êtes fou. Nous disons que ce n’est plus une question de violence ou de non-violence. Nous disons que c’est une question de résistance au fascisme face à une question de non-existence en plein fascisme. Nous disons : arrêtons la guerre du Vietnam. Mais par la victoire de l’esprit d’Ho Chi Minh. Nous disons : arrêtons la guerre à Babylone. Et commençons par décentraliser la police.“1
À la suite de l’assassinat de Hampton, conjugué à l’attitude de Newton vis-à-vis de la domination masculine au sein de l’organisation, au départ de nombreuses militantes qui ont ensuite fondé leurs propres organisations, et à la répression soutenue menée par le gouvernement fédéral américain, le Black Panther Party s’est effectivement désintégré au milieu des années 1970. Sa dissolution officielle n’a eu lieu qu’en 1982.
Néanmoins, la conception de l’autodéfense du Black Panther Party for Self-Defense et son expérience de l’organisation communautaire continuent de vivre comme des sources d‘inspiration politique aujourd’hui.
1 Fred Hampton, “It’s a Class Struggle, Goddammit!,” Hampton Institute, https://www.hamptonthink.org/read/its-a-class-struggle-goddammit-fred-hampton
